Glossaire
معجم الدار
Les termes qui reviennent au fil de ces pages — arabes pour la plupart, persans, ottomans, berbères ou andalous pour le reste. Chaque entrée donne le mot, sa graphie, sa transcription et la page où il est traité au long.
Le nom de la maison
الاسم
Riyad
رياض
riyāḍ
Demeure arabo-andalouse organisée autour d'un jardin ou d'une cour ouverte au ciel. Le mot est en arabe un pluriel — celui de rawḍa, le jardin — et désigne d'abord les jardins, avant la maison qui les enferme.
→ Voir Jardin & potager · Espaces
Al-Uns
الأنس
al-uns
L'intimité cordiale, la familiarité rassurante, la compagnie qui chasse la solitude. Non le bruit ni la confusion : la quiétude pleine de celui qui sait n'être pas seul.
→ Voir Riad Al-Uns
Wahsha
وحشة
waḥsha
La désolation intérieure, l'isolement qui rend étranger à soi et aux autres : le contraire exact d'al-uns.
→ Voir Riad Al-Uns
Dar
دار
dār
« Maison », au sens plein : le bâti et ceux qui l'habitent. Le mot ouvre le nom de toute institution qui se pense comme un foyer — Dar al-Hiraf, dar al-tirāz.
→ Voir Dar al-Hiraf
Bayt
بيت
bayt
La pièce, la chambre, et par extension la maisonnée ; en poésie, le vers. Les salles du hammam en portent le nom.
→ Voir Hammam
Idéaux moraux & futuwwa
الفتوّة
Futuwwa
الفتوّة
futuwwa
L'idéal de compagnonnage du monde islamique médiéval : il liait le geste à l'honneur, la main à la parole donnée, l'apprenti au maître. Générosité, loyauté, courage, maîtrise de soi, service.
→ Voir Futuwwa
Fata
فتى
fatā
« Jeune homme ». La futuwwa est la qualité du fatā — non la jeunesse d'âge, mais une disposition intérieure : généreux jusqu'au sacrifice, loyal jusqu'à la mort, courageux sans vanité, maître de soi avant de l'être des autres.
→ Voir Futuwwa
Javanmardi
جوانمردی
javānmardī
Le pendant persan exact de la futuwwa arabe — même structure, même exigence : générosité, loyauté, maîtrise de soi, service. Les deux traditions se sont nourries l'une de l'autre pendant des siècles.
Terme persan, non arabe : il s'écrit avec le yāʾ final persan (ی).
→ Voir Javanmardi
Pahlavan
پهلوان
pahlavān
Le héros du zurkhane. Il n'est pas honoré pour sa seule puissance, mais pour sa générosité et sa droiture — exactement comme le fatā de la futuwwa.
→ Voir Javanmardi
Adab
أدب
adab
L'étiquette, la tenue, la justesse du comportement et de la parole. Le maître d'un art ne transmet pas seulement des gestes techniques : il transmet un adab, une manière d'être dans le métier et dans la vie. C'est aussi ce que l'habit traditionnel porte en lui-même — la mesure et la dignité.
→ Voir Futuwwa · Code vestimentaire
Sidq
صدق
ṣidq
La véracité : la parole et l'acte coïncident, sans écart, sans exception de circonstance.
→ Voir Futuwwa
Wafa
وفاء
wafāʾ
La fidélité à la parole donnée, au maître, aux frères, au pacte — jusqu'à ce que cela coûte, surtout alors.
→ Voir Fraternité & droiture · Futuwwa
Sakha
سخاء
sakhāʾ
La générosité radicale : donner avant d'être sollicité, donner ce qui coûte.
→ Voir Futuwwa
Shajaa
شجاعة
shajāʿa
Le courage — non seulement face au danger, mais dans la maîtrise de soi : la capacité de contenir sa propre force plutôt que de la déployer sans mesure.
→ Voir Futuwwa
Nafs
النفس
al-nafs
L'âme inférieure, siège des pulsions et de l'orgueil. C'est ce que le fatā apprend à gouverner avant de prétendre gouverner quoi que ce soit d'autre : son atelier, sa maison, un jour peut-être une famille.
→ Voir Futuwwa
Khidma
خدمة
khidma
Le service rendu — à la maison, aux frères, à l'hôte. La tenue d'atelier reste la même gandoura que porte le reste de la maison, coupée court : même dans le geste du service, on ne quitte pas la forme traditionnelle.
→ Voir Code vestimentaire · Charité & service
Sadaqa
صدقة
ṣadaqa
L'aumône, le don gratuit. Dans la tradition islamique, elle trouve sa valeur précisément dans la discrétion avec laquelle elle est accomplie.
→ Voir Charité & service
Shadd
شدّ
shadd
Le nouage de la ceinture : le geste par lequel les confréries de futuwwa scellaient un engagement pris.
→ Voir Futuwwa
Asnaf
أصناف
aṣnāf
Les corporations de métier (sing. ṣinf), auxquelles beaucoup de confréries de futuwwa étaient liées. Le métier n'était jamais seulement une technique : il était le véhicule d'une éthique.
→ Voir Futuwwa
Futuwwatname
فتوتنامه
futuwwatnāme
Les manuels médiévaux de futuwwa : vertus requises, règles de vie commune, rapport maître-disciple, signes extérieurs et degrés d'engagement. Ils codifiaient la lutte, le tir à l'arc et l'équitation comme disciplines formatrices au même titre que le métier et la prière.
Titre persan (nāme, « livre, épître »), pour un corpus largement arabo-persan.
→ Voir Futuwwa
Tawhid
توحيد
tawḥīd
L'unité divine. L'entrelacs géométrique qui se répète sans début ni fin visible est lu, dans la pensée islamique, comme son image : l'unité derrière la multiplicité des formes.
→ Voir Les cinq métiers
Gouvernance, grades & transmission
التدبير
Athar
أثر
athar
La trace, le vestige, ce qui demeure après le passage — et, dans le vocabulaire religieux, le rapport transmis d'une génération à l'autre. Au Riad, nom donné à l'œuvre que chaque résident laisse dans les murs au terme de sa formation. Son emploi comme nom de règle de maison est propre au projet.
→ Voir Al-Athar
Ijaza
إجازة
ijāza
L'autorisation de transmettre, délivrée par un maître à son élève. On n'enseigne pas parce qu'on a appris, mais parce qu'un maître atteste qu'on a appris de lui.
→ Voir Al-Athar · At-Tadbir — Gouvernance
Sijill
سجلّ
sijill
Le registre. À Dar al-Hiraf, le livre où sont inscrites les œuvres reçues — l'ouvrage, la main, le maître, l'année — ainsi que l'engagement de transmettre à son tour. Il reste dans la maison et n'est pas publié.
→ Voir Al-Athar
Hubus
حبس
ḥubus
Nom maghrébin du waqf : un bien immobilisé à perpétuité, qui ne peut plus être vendu, donné, hérité ni gagé, et dont les fruits sont affectés à la fin pour laquelle il a été constitué. Les madrasas et les fontaines de Fès ont vécu de cet instrument pendant des siècles.
→ Voir Soutenir le projet
At-Tadbir
التدبير
at-tadbīr
L'art de conduire une maison : la gestion mesurée du foyer et de soi-même. C'est le mot classique que la pensée politique islamique réservait au gouvernement de la maison.
→ Voir At-Tadbir — Gouvernance
Tadbir al-manzil
تدبير المنزل
tadbīr al-manzil
« Le gouvernement de la maison ». Ibn Sīnā en faisait, à l'échelle du foyer, le pendant de la siyāsa qui gouverne la cité.
→ Voir At-Tadbir — Gouvernance
Siyasa
سياسة
siyāsa
Le gouvernement de la cité — l'ordre politique, dont le tadbīr est l'équivalent domestique.
→ Voir At-Tadbir — Gouvernance
Al-Hawkama
الحوكمة
al-ḥawkama
Le calque arabe moderne de « gouvernance », emprunté au vocabulaire de l'entreprise. Le Riad ne l'emploie pas : il se pense comme une maison, non comme une institution.
→ Voir At-Tadbir — Gouvernance
Ash-Shaykh
الشيخ
ash-shaykh
Le responsable de la maison. Il ne porte la couleur d'aucun métier : il n'appartient pas à une corporation, il les représente toutes.
Al-Muqaddam
المقدّم
al-muqaddam, pl. al-muqaddamūn
Les deux conseillers qui assistent l'Ash-Shaykh dans la conduite de la maison.
→ Voir At-Tadbir — Gouvernance
An-Naib
النائب
an-nāʾib
« Le délégué » : l'un des élèves les plus avancés de chaque corporation, qui assiste les autres apprentis lorsque le maʿallem est occupé ou absent — sans jamais se substituer à son autorité. Une responsabilité, non un rang.
Maallem
معلّم
maʿallem, pl. maʿallemīn
Le maître de métier : celui qui possède à la fois la maîtrise technique et l'autorité morale pour transmettre. Transmettre un geste, c'est transmettre une manière d'être dans le métier.
Forme maghrébine (aussi mâalem) de l'arabe classique muʿallim, « celui qui enseigne ».
→ Voir Maîtres & personnel · Les cinq métiers
Sani
صانع
ṣāniʿ
Dans l'usage marocain de l'atelier, l'apprenti placé sous l'autorité du maʿallem, qui accepte la discipline de la bottega.
En arabe classique le mot signifie « celui qui fabrique, l'artisan » ; le sens d'apprenti appartient à l'usage dialectal des corporations.
→ Voir La résidence
Hizam al-Itqan
حزام الإتقان
ḥizām al-itqān
« La ceinture de la maîtrise » : les quatre grades du parcours de résidence, du cuir cru non teint jusqu'au grade brodé au fil d'or. Rien n'est acquis par l'ancienneté seule — la progression suit la compétence réellement montrée.
Itqan
إتقان
itqān
L'exécution accomplie : le travail mené jusqu'à sa juste perfection, sans négligence ni excès.
→ Voir At-Tadbir — Gouvernance
Madrasa al-ula
المدرسة الأولى
al-madrasa al-ūlā
« La première école » : la famille. La formation ne se sépare pas de la préparation au foyer — l'homme capable de tenir un métier doit aussi pouvoir tenir une maison.
→ Voir La famille & la communauté · Dar al-Hiraf
Bawwab
بواب
bawwāb
Le portier, celui qui tient la porte. Au Riad la charge revient à un résident et non à un employé : garder le seuil est son travail et sa part dans la maison, comme un autre tient la sienne à l'atelier.
→ Voir Seuil & chambres · Maîtres & personnel
Métiers & artisanat
الحِرَف
Dar al-Hiraf
دار الحِرَف
dār al-ḥiraf
« La Maison des métiers » : l'école-résidence du Riad, où cinq métiers de la main sont transmis geste après geste par un maʿallem.
Ḥiraf (حِرَف) est le pluriel de ḥirfa.
→ Voir Dar al-Hiraf
Hirfa
حرفة
ḥirfa, pl. ḥiraf
Le métier d'art traditionnel. Il n'implique pas seulement une compétence technique de la main, mais une discipline morale : apprendre à « tenir » un métier comme on tient une responsabilité.
→ Voir Dar al-Hiraf
Hirafi
حِرَفيّ
ḥirafī, pl. ḥirafiyyūn
L'artisan qui possède une ḥirfa : celui qui travaille la matière en y portant intention et exactitude.
→ Voir Les cinq métiers
Sinaa
صناعة
ṣināʿa
Le faire, la fabrication : l'art du savoir-faire manuel dans son sens le plus haut.
→ Voir Artisanat du Riad
Khiyata
خياطة
khiyāṭa
La couture et la coupe. Le vêtement du Riad est taillé à la main par les artisans de la maison ou de la médina, jamais emprunté au registre industriel.
→ Voir Code vestimentaire
Tatriz
تطريز
taṭrīz
La broderie. Elle marque, au Riad, la ceinture de grade et le bord des pièces de solennité.
→ Voir Code vestimentaire
Khatt maghribi
الخط المغربي
al-khaṭṭ al-maghribī
L'écriture maghrébine, distincte du naskh et du thuluth orientaux. Née en al-Andalus, elle se fixe à Fès après la Reconquista.
→ Voir Les cinq métiers
Khattat
خطّاط
khaṭṭāṭ
Le calligraphe. « La calligraphie est une géométrie de l'esprit apparue par un instrument du corps » — Ibn Muqla.
→ Voir Les cinq métiers · Maîtres & personnel
Qalam
قلم
qalam
Le calame : le roseau taillé dont l'angle de coupe détermine le trait.
→ Voir Les cinq métiers
Basmala
البسملة
al-basmala
La formule bismillāh al-raḥmān al-raḥīm, qui ouvre le Coran et rythme la vie quotidienne. C'est le premier exercice de tout apprenti calligraphe : geste fondateur avant d'être motif décoratif.
→ Voir Les cinq métiers
Zillij
زليج
zillīj (zellige)
L'art des tesselles de céramique émaillée, taillées une à une et assemblées selon des grilles géométriques. Il naît à Fès sous les Mérinides, aux XIIIe–XIVe siècles.
Le terme vient d'une racine arabe désignant la petite pierre polie.
→ Voir Les cinq métiers
Minqash
منقاش
minqāsh
Le marteau de tailleur de zillīj : chaque pièce est détachée à la main d'un carreau émaillé monochrome.
→ Voir Les cinq métiers
Gebs
جبس
gebs (jibs)
Le plâtre sculpté. Travaillé frais au couteau, il couvre murs, arcs et coupoles d'un réseau végétal, épigraphique et géométrique.
→ Voir Les cinq métiers · Artisanat du Riad
Muqarnas
مقرنص
muqarnaṣ
Les alvéoles en nid d'abeille ou en stalactites qui couvrent coupoles, portails et chapiteaux — le mocárabe des langues ibériques. Porté à son sommet dans les médersas de Fès.
→ Voir Les cinq métiers · Artisanat du Riad
Mashrabiyya
مشربية
mashrabiyya
Le claustra de bois tourné (moucharabieh) : il filtre la lumière et le regard sans arrêter l'air. Assemblage géométrique sans clou ni colle.
→ Voir Les cinq métiers
Tiraz
طراز
tirāz
L'inscription tissée ou brodée courant le long d'un vêtement ou d'un tissu de maison — et, par extension, l'atelier qui la produit.
→ Voir Artisanat du Riad · Les cinq métiers
Dar al-tiraz
دار الطراز
dār al-tirāz
L'atelier d'État du tirāz, de l'Égypte fatimide à l'Andalousie omeyyade. Le tissu inscrit y scellait la khilʿa.
→ Voir Les cinq métiers
Tiraz khassa / amma
طراز خاصّة · طراز عامّة
tirāz khāṣṣa · tirāz ʿāmma
Le tirāz réservé d'abord au souverain (khāṣṣa), puis étendu aux dignitaires (ʿāmma).
→ Voir Les cinq métiers
Khila
خلعة
khilʿa
Le don d'une robe d'honneur : geste politique autant que textile, par lequel un souverain reconnaissait et liait à lui.
→ Voir Les cinq métiers
Sqalli
سقلّي
sqallī
À Fès, le fil d'or et d'argent. Toute une corporation, les maʿallemīn sqallī, se consacre à sa fabrication : batteurs d'or, lamineurs, tréfileurs, fileuses.
Une hypothèse répandue, sans confirmation académique certaine, rattache le nom à la Sicile (Siqilliyya).
→ Voir Les cinq métiers
Mrema bejebbad
المرمة بالجبّاد
mrema bejebbad
Le métier à tirage du brocart, où les rôles se répartissent : le zouaq dessine le motif, le nyar monte le métier, le medewar prépare les bobines, le jebbad tisse — sous l'autorité du maʿallem.
→ Voir Les cinq métiers
Al-inbiq
الإنبيق
al-inbīq
L'alambic. Le mot arabe est hérité du grec ambix et a donné, par l'espagnol, l'« alambic » des langues européennes.
→ Voir Parfums & essences · Artisanat du Riad
Itr
عطر
ʿiṭr (attar)
L'essence concentrée, obtenue par distillation lente : pour la peau et le linge, là où l'eau de rose reste pour le visage, la table et le rituel.
→ Voir Parfums & essences · Artisanat du Riad
Madrasa
مدرسة
madrasa (médersa)
L'école. Bou Inania et al-ʿAttarin, à Fès, restent les témoins les plus achevés de la rencontre du plâtre sculpté, du zillīj et du bois de cèdre sur un même mur.
→ Voir Les cinq métiers
Vêtement — Al-Kiswa
الكسوة
Libas
لباس
libās
L'habit, le vêtement. Il ne désigne pas seulement une couverture du corps, mais la dignité visible, la compostezza et le respect dû au lieu et à la communauté.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Al-Kiswa
الكسوة
al-kiswa
L'habit. À Dar al-Hiraf, al-kiswa al-khāṣṣa désigne le système de signes vestimentaires propre à la maison : gandora, calotte de métier, ceinture de grade, khirqa.
→ Voir Code vestimentaire · Le vêtement de l'homme
Zina
زينة
zīna
L'ornement. « Ô fils d'Adam, parez-vous de vos plus beaux atours à chaque prosternation » (sourate al-Aʿrāf, 7:31) — entendu ici comme propreté et décence, non comme parure.
→ Voir Code vestimentaire
Satr al-awra
ستر العورة
satr al-ʿawra
Le fait de couvrir ce qui doit l'être, selon le décor de la tradition et de la prière : des épaules aux chevilles, dans un tissu propre.
→ Voir Code vestimentaire
Awra
عورة
ʿawra
Les parties du corps qu'il convient de couvrir. Dans la prière, l'égalité entre les élèves prévaut sur tout signe de grade ou de métier.
→ Voir Code vestimentaire
Qamis
قميص
qamīṣ · kamis
Tunique droite, légère, sans capuche, jusqu'aux chevilles. Coton ou satin blanc. C'est le vêtement de la prière : sans broderie, sans ceinture, sans signe.
→ Voir Le vêtement de l'homme · Code vestimentaire
Ghandura
غندورة
ghandūra (gandoura, gandora)
Tunique d'intérieur sans capuche, variante du qamīṣ. Au Riad c'est la pièce de base : taillée pour épouser un corps entraîné, sans jamais tomber dans l'ajusté de coupe occidentale.
→ Voir Code vestimentaire · Le vêtement de l'homme
Djellaba
جلابة
ǧallāba · jellaba
Longue robe ample à capuche pointue (qob). Pièce quotidienne et de sortie : coton ou lin l'été, laine l'hiver. Colonne vertébrale du vestiaire masculin maghrébin.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Qob
قب
qob
La capuche pointue de la djellaba : elle protège du soleil et du froid.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Selham
سلهام
silhām · selham
Large manteau de laine, ouvert, sans manches, à capuche. On le porte par-dessus la djellaba par temps froid ou à cheval. Signe de dignité et de protection.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Al-Farwa
الفروة
al-farwa
Le manteau d'hiver de la maison, taillé pour le froid des matins et des cours ouvertes.
→ Voir Code vestimentaire
Jabadur
جبادور
ǧabādūr · jabador
Ensemble de cérémonie : tunique droite fermée par une rangée de boutons ʿaqad, assortie au serwal, avec ceinture mdama. Au Riad, c'est le vêtement du nāʾib.
→ Voir Le vêtement de l'homme · Code vestimentaire
Sirwal
سروال
sirwāl (serwal)
Pantalon large. Au Riad il remplace le jean : dans la vie quotidienne, le vêtement traditionnel est la norme, non l'exception.
→ Voir Le vêtement de l'homme · Code vestimentaire
Madamma
مضمة
maḍamma (mdama)
La ceinture tressée, portée sur le jabādūr ou la tunique, dans le ton de la veste.
→ Voir Le vêtement de l'homme · Code vestimentaire
Aqad
عقد
ʿaqad · aakad
Les boutons sphériques tressés à la main qui ferment le jabādūr, dans la tonalité du métier.
→ Voir Code vestimentaire · Le vêtement de l'homme
Sfifa
سفيفة
sfīfa
Le cordonnet brodé traditionnel marocain. Il borde l'ouverture frontale de la gandora dans une couleur unique, identifiable au premier coup d'œil comme la marque de la maison.
→ Voir Code vestimentaire
Belgha
بلغة
belgha
La babouche de cuir, souple, sans contrefort. Au Riad elle est teinte dans la couleur du métier, comme l'ensemble de la corporation.
→ Voir Le vêtement de l'homme · Code vestimentaire
Taqiyya
طاقية
ṭāqiyya · taguia
Petit calot rond, bien ajusté au crâne : la pièce la plus simple et la plus courante, portée pour la prière comme dans la vie quotidienne. Au Maroc, taguia.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Tarbush
طربوش
ṭarbūsh (tarbouche, fez)
Coiffe cylindrique de feutre rouge, souvent à pompon de soie noire. Héritage urbain ottoman et maghrébin.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Qubbaat al-hirfa
قبعة الحرفة
qubbaʿat al-ḥirfa
La calotte de métier de Dar al-Hiraf : feutre rigide, parois verticales, surface plate, sans pompon, avec un fin bordage brodé — à mi-chemin entre la ṭāqiyya et le ṭarbūsh, mais plus sobre. Sa couleur indique le métier du porteur.
→ Voir Code vestimentaire
Imama
عمامة
ʿimāma · rezza
Le turban : pièce de tissu enroulée autour de la tête ou de la ṭāqiyya. Variante plus solennelle, encore présente dans les milieux traditionnels.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Shashiyya
شاشية
shāshiyya (chechia)
Forme voisine de la ṭāqiyya, plus souple, parfois en laine ou en feutre. Usage quotidien et de prière.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Al-Hulla
الحُلّة
al-ḥulla
La surtunique du maʿallem, dans la couleur de son métier, en damas tissé ton sur ton — le passage d'une identité visuelle collective à une identité pleinement personnelle.
→ Voir Code vestimentaire
Al-Khirqa
الخرقة
al-khirqa
Le manteau d'investiture, remis et non simplement porté : le maître revêt personnellement l'élève, scellant son entrée ou son avancement. Sur le modèle de la tradition derviche de la khirqa.
→ Voir Code vestimentaire
Hiba
هيبة
hiba
La prestance qui impose le respect. C'est le seul moment où le vêtement de la maison la vise ouvertement — celui de la khirqa ; partout ailleurs, la sobriété prime.
→ Voir Code vestimentaire
Futa
فوطة
fūṭa
Le tissu du hammam : un panneau unique de lin léger, noué à la taille. L'entraînement se referme au hammam, non dans le vestiaire.
→ Voir Code vestimentaire · Hammam
Izar
إزار
izār
La pièce d'étoffe nouée aux reins, portée sous la tunique. Premier terme de la superposition : izār → serwal → qamīṣ → djellaba ou jabādūr.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Tonban
تنبان
tonbān
Le pantalon court de cuir travaillé, serré à la taille et sous le genou, propre à la lutte du zurkhane.
→ Voir Javanmardi · Code vestimentaire
Lung
لنگ
lung (loang)
Le simple pan de tissu enroulé à la taille, porté pour l'exercice courant au zurkhane.
→ Voir Javanmardi
Kispet
kispet
Le pantalon de cuir de la lutte ottomane. Quand tout tissu ample devient un obstacle à la prise, seul le cuir ajusté reste : deux traditions distinctes sont arrivées, chacune à sa manière, à la même réponse.
Terme turc. La lutte ottomane (yağlı güreş) est une lignée distincte de la muṣāraʿat al-nūba.
→ Voir Furusiyya
Thawb · Dishdasha · Kandura
ثوب · دشداشة · كندورة
thawb · dishdāsha · kandūra
Les tuniques longues quotidiennes du Golfe, portées avec la ghutra fixée par l'ʿiqāl.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Ghutra & iqal
غترة · عقال
ghutra · ʿiqāl
Le voile de tête du Golfe et le cordon noir qui le maintient.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Kufiyya
كوفية
kūfiyya (keffiyeh)
Le carré de tissu drapé sur les épaules — variante du Mashreq et du Levant.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Bisht
بشت
bisht
Manteau cérémoniel du Golfe, ouvert, souvent bordé d'or.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Qaba
قبا
qabā
Le manteau long persan, souvent ouvert devant, porté sur le pirahan et le shalvār.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Salvar · Cepken · Kusak
şalvar · cepken · kuşak
Le vestiaire ottoman : pantalon bouffant, veste courte à manches ouvertes, ceinture d'étoffe. Pas de djellaba à qob dans cette ligne.
Termes turcs, donnés ici pour la comparaison des lignes vestimentaires.
→ Voir Le vêtement de l'homme
Discipline du corps — Furusiyya
الفروسية
Furusiyya
الفروسية
furūsiyya
La tradition chevaleresque arabo-islamique, qui unissait corps, arc, lutte et épée sous un seul système de formation. Avant de se spécialiser, le corps devait d'abord être rendu capable.
→ Voir Furusiyya
Faras
فرس
faras
Le cheval — la racine même du mot furūsiyya : au sens le plus strict, l'équitation, première et plus ancienne des disciplines chevaleresques, celle qui donne son nom à toutes les autres.
→ Voir Furusiyya
Al-Furusiyya al-Muhammadiyya
الفروسية المحمدية
al-furūsiyya al-muḥammadiyya
Le traité d'Ibn al-Qayyim, qui fit de la furūsiyya une discipline spirituelle autant que physique.
→ Voir Furusiyya
Rimaya
رماية
rimāya
Le tir à l'arc traditionnel : discipline de posture, de respiration et de présence — la main se règle sur le souffle avant de se régler sur la cible.
→ Voir Furusiyya
Sayf wa-l-turs
السيف والترس
sayf wa-l-turs
« L'épée et le bouclier » : l'escrime traditionnelle, où les deux mains apprennent deux tâches inséparables.
→ Voir Furusiyya
Turs
ترس
turs
Le bouclier : cuir tendu sur âme de bois, orné d'une étoile à huit branches, tenu par une sangle d'avant-bras et une poignée centrale.
→ Voir Furusiyya
Musaraa
مصارعة
muṣāraʿa (Musara)
La lutte. Corps à corps avec un frère : école de retenue autant que de force — la maîtrise du geste qui pourrait blesser et qui ne blesse pas.
→ Voir Furusiyya
Musaraat al-nuba
مصارعة النوبة
muṣāraʿat al-nūba
La lutte nubienne, attestée depuis l'Égypte antique et vivante aujourd'hui au Soudan. Sur un sol de sable, sans soumission ni immobilisation au sol : seule compte la chute maîtrisée de l'adversaire.
→ Voir Furusiyya
Yagli gures
yağlı güreş
La lutte ottomane à l'huile, en pantalon de cuir (kispet) : tradition documentée depuis des siècles, mais distincte de la muṣāraʿat al-nūba — la première se pratique debout, la seconde travaille au sol.
Terme turc. Les deux lignées ne se confondent pas.
→ Voir Furusiyya
Zurkhane
زورخانه
zūrkhāne
« La maison de la force » : le gymnase traditionnel persan où le javānmardī se pratique dans le corps. Reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
→ Voir Javanmardi
Gowd
گود
gowd
La fosse octogonale légèrement enfoncée au centre du zūrkhāne, sous un dôme percé d'une unique ouverture zénithale.
→ Voir Javanmardi
Morshed
مرشد
morshed
Le maître assis en retrait qui rythme l'exercice au tambour et au chant héroïque : il ne commande pas les corps, il les accorde.
→ Voir Javanmardi
Mil · sang · kabbade
میل · سنگ · کباده
mīl · sang · kabbāde
Les instruments du zūrkhāne : les massues de bois, les boucliers lestés, l'arc d'exercice à chaîne.
→ Voir Javanmardi
Tahtib
تحطيب
taḥṭīb
L'art du bâton, né dans l'Égypte ancienne et vivant en Haute-Égypte. Ce n'est pas un combat mais un dialogue : deux hommes, deux bâtons, un rythme de tambour qui règle chaque geste. Le vainqueur n'est pas celui qui frappe fort, mais celui qui touche sans perdre la mesure.
→ Voir Discipline choréutique
Asa · Nabbut
عصا · نبوت
ʿaṣā · nabbūt
Le bâton du taḥṭīb : de 1,20 à 1,50 mètre — assez long pour exiger une gestion précise de la distance, trop léger pour blesser gravement s'il est manié avec justesse.
→ Voir Discipline choréutique
Tabla baladi
طبلة بلدي
ṭabla baladī
Le tambour qui règle le duel de taḥṭīb, accélérant par paliers : chaque changement de tempo impose aux deux hommes une nouvelle lecture de l'espace et du geste de l'autre.
→ Voir Discipline choréutique
Riyada
رياضة
riyāḍa
L'exercice du corps. Le mot désignait d'abord le dressage du cheval — même racine que riyāḍ — et garde de cette origine son sens exact : une force que l'on éduque, non que l'on exhibe.
→ Voir Furūsiyya · Maîtres & personnel
Son, parole & écoute
السماع
Al-Ala
الآلة
al-āla
Littéralement « l'instrument » : la musique andalouse. Née dans les cours d'al-Andalus, particulièrement à Grenade sous les Nasrides, elle s'exile après 1492 vers Fès, Tétouan et Rabat.
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Nuba
نوبة
nūba (nouba)
La forme structurante de l'al-āla : une suite musicale longue, organisée en mouvements de tempo croissant, chacun avec ses propres poèmes chantés. Onze subsistent aujourd'hui sur les vingt-quatre que la tradition orale rapporte.
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Munshid
منشد
munshid
Le chanteur principal : il porte le poème autant que la mélodie. La voix est portée, non forcée.
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Malhun
الملحون
al-malḥūn
Art de la parole rythmée et chantée, historiquement lié au monde des corporations artisanales des médinas. Reconnu par l'UNESCO en 2023.
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Shaykh al-malhun
شيخ الملحون
shaykh al-malḥūn
Le maître qui transmet un répertoire de malḥūn à quelques disciples, selon le même rythme d'apprentissage que celui du zillīj ou de la calligraphie.
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Qasida
قصيدة
qaṣīda
Le poème long, souvent de plusieurs dizaines de vers, chanté a cappella puis repris par un petit ensemble. Les thèmes vont de l'amour mystique à l'évocation très concrète du monde artisanal — outils, gestes, matières.
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Gnawa
gnawa
Musique de transmission héritée des confréries d'origine subsaharienne installées au Maroc depuis des siècles : répertoire oral, extérieur au canon écrit de la poésie arabe classique.
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Guembri
guembri
Le luth-tambour à trois cordes qui porte le gnawa : la caisse frappée sert de percussion autant que de résonateur.
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Qraqeb
qraqeb
Les crotales de métal du gnawa, tenues par paires et frappées à contretemps.
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Lila
ليلة
lila
« La nuit » : la cérémonie complète du gnawa, qui peut durer une nuit entière. Elle associe à chaque couleur de tissu et à chaque rythme une entité spirituelle précise, que le chant vient invoquer puis apaiser.
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Sama
سماع
samāʿ
Littéralement « l'écoute » : l'audition recueillie de chants et de poésie mystique, pratiquée pour libérer le cœur de la dispersion du monde. Certaines veillées de la maison se referment sur elle.
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Hadra
حضرة
ḥaḍra
Au Maghreb, la veillée de dhikr collectif, souvent en cercle, portée par le bendir et parfois le nāy, avec un balancement mesuré du corps.
Bien distincte de la rotation des derviches Mevlevi, ordre né à Konya, étranger à la tradition du Riad.
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Dhikr
ذكر
dhikr
L'invocation répétée du nom divin — le cœur de la ḥaḍra.
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Bendir
بندير
bendir
Le tambour sur cadre, à une peau, avec cordes de timbre : la voix rythmique de la ḥaḍra.
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Nay
ناي
nāy
La flûte de roseau oblique, au son grave et voilé, associée depuis longtemps à l'expression spirituelle autant que profane.
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Ud
عود
ʿūd
Le luth à manche court et caisse bombée : cœur harmonique de l'ensemble andalou.
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Architecture, eau & jardin
الرياض
Wast ad-dar
وسط الدار
wasṭ ad-dār
« Le milieu de la maison » : le patio, cour intérieure ouverte au ciel autour de laquelle tournent la lumière, l'eau et la vie commune.
Le mot ṣaḥn (صحن), parfois donné comme équivalent, désigne plutôt la cour de la mosquée.
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Waha
واحة
wāḥa
L'oasis. Elle n'est pas un don du hasard : elle naît de la décision d'un groupe humain de rester et de faire fructifier l'eau rare. Le principe qui gouverne la moindre cour du Riad est déjà là — l'eau organisée, jamais gaspillée.
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Salsabil
سلسبيل
salsabīl
La fine lame d'eau qui coule sur une pierre inclinée pour maximiser l'évaporation : l'eau comme climatiseur, non comme ornement.
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Fisqiyya
فسقية
fisqiyya (fisqiya)
La vasque au ras du sol, au centre du patio : elle offre le reflet du ciel et le murmure qui accompagne la conversation. On la retrouve au Patio de los Leones et au Patio de la Acequia de l'Alhambra.
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Khettara
خطارة
khettāra, pl. khettarāt
Galerie drainante souterraine, héritée de techniques perses et berbères : elle a permis pendant des siècles d'amener l'eau vers les oasis et les jardins sans pompage mécanique.
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Malqaf
ملقف
malqaf
« Le capteur » : la tour qui capture le vent et le conduit vers l'intérieur de la maison. On en trouve la trace dès l'Égypte pharaonique ; l'époque islamique reprend et affine la technique.
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Badgir
بادگیر
bādgīr
En Perse et dans le Golfe, la tour à vent multidirectionnelle — plutôt qu'orientée vers un seul vent dominant. Une variante du même geste architectural, née du même besoin.
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Bustan
بستان
bustān
Le jardin clos, le verger. Au Riad, c'est le jardin secret, distinct du jardin principal et du potager sans s'en séparer.
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Chahar bagh
چهار باغ
chahār bāgh
Le jardin quadripartite persan : quatre canaux qui évoquent les quatre fleuves du paradis. Continuité directe à Ispahan et Chiraz, monumentalisée dans l'Inde moghole.
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Paradeisos · pairi-daeza
παράδεισος
paradeisos · pairi-daēza
Le mot grec à l'origine de notre « paradis » vient du vieux perse pairi-daēza, « enclos circulaire ». Dès l'époque achéménide, le jardin est déjà l'image du cosmos et du pouvoir royal.
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Ibriq
إبريق
ibrīq
L'aiguière. À chaque hôte qui franchit le seuil, la maison offre les mains lavées à l'eau de rose, versée d'un ibrīq dans un ṭisht, avant même le premier mot d'échange.
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Tisht
طشت
ṭisht
Le bassin de cuivre ou d'étain qui reçoit l'eau versée de l'ibrīq : purification autant qu'accueil.
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Aule
αὐλή
aulē
La cour de la maison grecque. À Olynthe, les maisons s'ouvraient déjà sur une cour intérieure orientée pour recevoir le soleil bas de l'hiver et s'ombrager en été.
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Atrium · domus
atrium · domus
Baglio
baglio
La masseria fortifiée sicilienne : cour fermée, façades aveugles vers l'extérieur, vie tournée vers l'intérieur. La même logique que le patio andalou et maghrébin, rejointe par des chemins distincts plutôt que par emprunt direct.
Le nom vient très probablement du normand-français ballium ; une hypothèse minoritaire y voit un emprunt à l'arabe bahah, « cour ».
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Ataba
عتبة
ʿataba
Le seuil. Dans la tradition islamique il n'est pas une simple limite de propriété : c'est le lieu d'une règle. On ne le franchit qu'après s'être annoncé et avoir été reçu.
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Driba
دريبة
drība
Le vestibule coudé qui suit la porte d'entrée et empêche le regard d'atteindre la cour. C'est sur la driba que s'ouvrent les parloirs, avant le coude.
Forme marocaine, diminutif de derb ; l'arabe classique dit plutôt saqīfa ou dihlīz.
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Sqifa
سقيفة
saqīfa
Le vestibule couvert, l'auvent qui abrite l'entrée d'une maison. Terme classique dont la driba marocaine est l'équivalent d'usage.
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Dahliz
دهليز
dihlīz
Le corridor d'entrée, entre la porte et la cour — l'espace qui n'est déjà plus la rue et pas encore la maison. Mot d'origine persane passé très tôt en arabe.
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Istidhan
استئذان
istiʾdhān
La demande de permission avant d'entrer chez autrui, prescrite au Coran XXIV, 27. Le verbe employé par le verset, tastaʾnisū, vient de la racine ʾ-n-s — celle-là même qui donne al-uns : s'annoncer, c'est chercher à se rendre familier.
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Hurma
حرمة
ḥurma
L'inviolabilité — d'une maison, d'une personne, d'un engagement. Ce qui est protégé non par une serrure mais par une règle que chacun reconnaît.
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Ghurfa
غرفة
ghurfa
La chambre, et d'abord la pièce haute. Dans les madrasas, la cellule de l'étudiant : quelques mètres carrés et une fenêtre — étroite à dessein, pour que la vie se tienne ailleurs.
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Le hammam
الحمّام
Hammam
حمّام
ḥammām
Le bain de vapeur : purification du corps, régénération et quiétude. Non une étape rapide, mais un parcours en salles de température croissante.
Le redoublement du mīm distingue ḥammām, le bain, de ḥamām (حمام), « les pigeons ».
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Al-maslakh
المسلخ
al-maslakh
Le vestiaire : on s'y dévêt avant d'entrer dans le parcours.
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Al-bayt al-barid
البيت البارد
al-bayt al-bārid
La salle froide. Le corps s'y acclimate à l'entrée ; on y revient ensuite se reposer longuement, autour d'un thé, une fois le bain terminé. Elle prolonge le frigidarium romain.
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Al-bayt al-wastani
البيت الوسطاني
al-bayt al-wasṭānī
La salle tiède : la plus grande, celle où l'on passe le plus de temps, entre vapeur légère, massage et parfums. Le tepidarium romain.
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Al-bayt al-sukhun
البيت السخون
al-bayt al-sukhūn
La salle chaude, la plus intense : la chaleur y ouvre les pores et prépare la peau au savon noir, puis au gant kessa. Le caldarium romain.
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Bayt al-nar
بيت النار
bayt al-nār
La chaufferie : invisible aux baigneurs, derrière la salle chaude, elle alimente tout le système en chaleur.
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Kessa
كيسة
kessa
Le gant de crin. Il enlève ce que le savon noir a ramolli en profondeur — jamais l'inverse, jamais sur peau sèche.
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Sabun beldi
صابون بلدي
ṣābūn beldī
Le savon noir : pâte sombre à l'huile d'olive, parfois enrichie d'olives concassées, historiquement liée à des centres comme Essaouira. Appliqué sur peau chaude et humide, on le laisse poser plusieurs minutes.
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Tayyeb · tayyaba
طيّب · طيّابة
ṭayyeb · ṭayyāba
Le maître de massage du hammam maghrébin — et son pendant féminin pour les hammams de femmes, les deux mondes restant strictement séparés. Ce n'est pas un masseur de spa : c'est un métier transmis à l'intérieur du hammam lui-même, par la pratique répétée.
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Gobek tasi
göbek taşı
La « pierre du nombril » : large plate-forme de marbre chauffée par-dessous, au centre de la salle chaude, sur laquelle le corps s'allonge pour suer et recevoir le gommage.
L'élément appartient d'abord à la tradition ottomane du hammam, distincte de la tradition maghrébine et andalouse dans laquelle s'inscrit le Riad.
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Tractatio
tractatio
Le massage à l'huile après le bain, déjà pratiqué dans les thermes romains et byzantins — un geste que le hammam a hérité et transmis à sa manière.
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Index alphabétique
الفهرس
Les 160 termes, articles mis à part : al-, at-, ash- ne comptent pas dans le classement.
Ces mots ne sont pas un vocabulaire à retenir, mais les noms de gestes pratiqués chaque jour dans la maison. Qui tient le geste finit par tenir le mot.